|
|
NOTIONS SUR LA TOLERANCE ET L’AUTO-IMMUNITE
DISTINCTION DU SOI ET
DU NON-SOI. SELECTION THYMIQUE NEGATIVE ; TOLERANCE PERIPHERIQUE ; CONSEQUENCES
SUR LA COMPREHENSION DE L’ANERGIE ET DES MALADIES AUTO-IMMUNES
A - DEFINITIONS
- Le soi et le non-soi :
- Le soi est composé de toutes les molécules de l’organisme
(ex : protéines de structures, protéines circulantes,
récepteurs cellulaires...). Le non-soi est composé
des molécules extérieures à l’individu (protéines
bactériennes, virales, parasitaires, médicaments...).
- La tolérance :
- La tolérance est caractérisée par l’absence
de réponse immunitaire à un antigène. Ces antigènes
appartiennent au soi, et le but de la tolérance est d’éviter
les maladies auto-immunes. Il existe une tolérance centrale
dans le thymus ou les lymphocytes T autoréactifs sont délétés
(sélection négative). On oppose la tolérance
périphérique, ou les lymphocytes T sont paralysés
(anergie) c’est-à-dire incapables d’être activés.
Il existe aussi des cellules suppressives (lymphocytes T CD4+ ou
CD8+) qui peuvent induire l’apoptose, ou l’anergie des lymphocytes
T autoréactifs.
- Pour les lymphocytes B la tolérance est principalement assurée
par les lymphocytes T qui contrôlent leur activation. Il existe
naturellement des anticorps anti-soi produits principalement par des
lymphocytes B CD5+. La tolérance chez les lymphocytes B peut
être aussi maintenue grâce à l’absence d’expression
de l’auto-anticorps à la surface des lymphocytes B, ou par
délétion des lymphocytes B.
- Sélection positive :
- Dans l’épithélium thymique les lymphocytes T qui
reconnaissent le CMH ne meurent pas par apoptose.
- Sélection négative :
- A la jonction cortico-médullaire thymique les lymphocytes
T autoréactifs sont éliminés.
B - MALADIES AUTO-IMMUNES
1. Modèles expérimentaux
- On peut rompre la tolérance envers la protéine basique
de la myéline en injectant de la BPM de cochon d’Inde à
une souris, il existe une réponse T CD4+ TH1 qui produit une
démyélinisation du système nerveux central.
- Il y a aussi des modèles spontanés :
- la souris NOD pour le DID,
- la souris MRL lpr/lpr qui présente un lupus systémique
à transmission autosomique récessive par défaut
de l’expression de Fas (qui intervient dans l’apoptose des lymphocytes
T autoréactifs).
- Le rôle pathogène des auto-anticorps (reproduction de
la maladie chez l’animal par injection des auto-anticorps humains) n’a
été démontré que pour : le pemphigus, la
myasthénie, la maladie de Basedow, les cytopénies auto-immunes.
2. Chez l’homme
- On oppose :
- les maladies auto-immunes systémiques : lupus érythémateux
disséminé, dermatomyosite, sclérodermie, PR,
- les maladies spécifiques d’organes : thyroïdite, maladie
de Basedow, DID, myasthénie, pemphigus, pemphigoïde
bulleuse, hépatites auto-immunes, cytopénies auto-immunes....
a) Etiologie
- multifactorielle,
- génétique :
- DR 3/4 DID
- B27 SPA
- DR 3/7 maladie coeliaque
- sexe féminin,
- prolifération monoclonales B (LLC),
- déficits congénitaux en compléments : C2, C4,
CR1 pour le lupus érythémateux disséminé,
- syndrome paranéoplasique (Lambert Eston, cérebellite),
- facteurs environnementaux (toxiques, micro-organismes)
b) Auto-anticorps
- Il ne sont pas toujours très spécifiques (présence
d’auto Ac chez les sujets âgés, au cours de certaines infections)
et sensibles.
- Ac antinucléaires
- Ac anti DNA natif
- Anti histone
- Anti SSA, SSB
- Anti SCL-70
- Anti-centromère
- Anti JO1, PL1
- Anti récepteur à l’acéthylcholine
- Anti récepteur TSH
- Anti facteur intrinsèque
- Coombs direct et indirect
- Anti phospholipides
- Facteur Rhumatoïde (Ac anti IgG)
|
LEAD
LEAD
LEAD induit (médicamenteux)
Lupus subaigu - syndrome de Gougerot-Sjögren
Sclérodermie
Sclérodermie
Dermatomyosite
Myasthénie
Maladie de Basedow
Maladie de Biermer
Anémie auto-immune
Thrombose
PR
|
c) Lymphocytes T
- Leur rôle a été clairement démontré
dans les modèles expérimentaux animaux. Chez l’homme,
il n’existe que des arguments indirects.
- Dans le cadre des maladies auto-immunes, il faudrait rétablir
la tolérance au soi, comme cela est possible chez l’animal en
administrant l’auto-antigène par voie orale, ce qui peut induire
la production par les lymphocytes T de cytokines immunosuppressives
comme l’IL10 et le TGFb .
|
POINTS FORTS
|
- Sélection positive.
- Sélection négative.
- Tolérance périphérique : anergie,
suppression, délétion clonale
|
|