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SYNDROME DEPRESSIF
- Il s’agit d’un syndrome psychiatrique très fréquent :
la prévalence actuelle concerne environ 3 % de la population
générale et la prévalence sur la vie concerne environ
10 % de la population générale.
- Il est fondamental, devant un syndrome dépressif, d’apprécier
sa gravité, le risque suicidaire ainsi que la variété
clinique. En fonction de ces éléments, une attitude thérapeutique
pourra être choisie.
A – DIAGNOSTIC
- Le trouble fondamental est une humeur de base dépressive, l’humeur
pouvant être définie ainsi : " Disposition
affective fondamentale riche de toute les instances émotionnelles
et instinctives qui donne à chacun ses états d’âme,
une tonalité agréable ou désagréable, oscillant
entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur ".
(J. Delay).
1. Humeur de base dépressive
- Le visage est souvent triste, douloureux.
- Le plus souvent, le sujet se perçoit comme dépressif
et se dit triste, fatigué, sans énergie et sans espoir.
Cette tristesse pathologique est vécue douloureusement :
sentiment d’échec, de dévalorisation personnelle. Cette
humeur dépressive est prédominante mais peut fluctuer
au cours de la journée.
- Parfois, le sujet se plaint surtout d’indifférence et d’absence
de plaisir pour ses activités habituelles (anhédonie).
- Dans le cas de mélancolie, le sujet évoque une douleur
morale particulièrement intense avec sentiment d’auto-accusation
ou de culpabilité excessive (avec possibles idées délirantes).
- Il existe une perte d’espoir, une impossibilité à se
projeter dans l’avenir.
2. Inhibition ou ralentissement psychomoteur
- Le ralentissement moteur (bradykinésie) se traduit par une
mimique pauvre et figée, des gestes lents et rares, une présentation
vestimentaire, voire une hygiène corporelle souvent négligée
(incurie). Lors de l’entretien, la voix est monotone, le discours lent
et haché. La fatigue est maximale le matin, survient en l’absence
de tout effort physique et s’améliore souvent vers 17h.
- Le ralentissement psychique (bradypsychie) se manifeste par des troubles
cognitifs : le patient présente des troubles de l’attention,
une mauvaise concentration intellectuelle, des troubles mnésiques.
Souvent, il existe des difficultés à prendre des décisions
et des initiatives (aboulie). L’idéation peut être lente
avec diminution des possibilités d’associations idéiques
et des thèmes de conversation pauvres et peu variés (tristes).
3. Anxiété
- Elle est toujours présente, parfois au premier plan. Le patient
peut présenter un visage contracté, des tressaillements
ou des tremblements.
- Le patient se plaint d’appréhensions pessimistes, d’irritabilité.
L’anxiété concerne souvent l’avenir : peur d’événements
à venir face auxquels le sujet a le sentiment qu’il ne pourra
pas faire face. L’anxiété peut ainsi se focaliser en réalisant
des phobies (fréquence des nosophobies) : leur apparition
en même temps que les autres éléments du syndrome
dépressif oriente alors le diagnostic.
- Le patient peut présenter des manifestations somatiques d’angoisse :
précordialgies, sensations d’étouffement, vertiges, nausées…
Celles-ci sont souvent associées à des craintes hypochondriaques.
4. Symptômes somatiques
Ce sont principalement :
- Les troubles digestifs : le plus souvent il s’agit d’anorexie
avec perte de poids. Certaines formes de dépression s’accompagnent
d’hyperphagie, de conduite de grignotage avec gain de poids possible.
La constipation (en dehors de tout traitement psychotrope) est un trouble
fréquent.
- Les troubles du sommeil : ils sont plus souvent à type
d’insomnie. Il peut s’agir de troubles de l’endormissement ou, de façon
plus caractéristique, de réveils matinaux précoces
(3 ou 4 h du matin) et anxieux. Dans certaines formes de dépression,
le sujet se plaint d’hypersomnie.
- Diminution de la libido.
- Psychalgies dépressives (céphalées, lombalgies…).
5. Idées suicidaires
- Elles sont toujours à rechercher soigneusement car conditionnent
la conduite à tenir, notamment par rapport à une décision
d’hospitalisation.
- Elles peuvent prendre plusieurs formes :
- Idées fugaces ou projet suicidaire déjà établi.
- Absence d’idées suicidaires exprimées comme telles
mais souhait de mort, croyance que la seule solution au problème
serait de mourir.
- Idées de suicide altruiste, particulièrement dangereuse
et parfois observables dans le cadre de mélancolies délirantes
(tuer l’autre pour lui épargner une vie jugée insupportable).
- Leur apparition (parfois brutale) au cours d’un syndrome dépressif
est toujours à craindre.
B – nosographie des syndromes depressifs
- Il existe plusieurs classifications des dépressions plus ou
moins complémentaires, mais jamais complètement superposables.
1. Dépressions primaires et dépressions
secondaires
a) Dépressions primaires
- La symptomatologie est uniquement thymique et il n’existe pas de
signes associés. Classiquement, on distingue :
- les dépressions endogènes [accès dépressifs
de la maladie maniaco-dépressive (MMD) par exemple],
- les dépressions psychogènes réactionnelles
et d’épuisement.
b) Dépressions secondaires
- La symptomatologie comprend d’autres signes que ceux de la dépression.
Ceux-ci sont liés à l’existence d’une autre affection
psychique ou somatique.
2. Classification dépression endogène/psychogène
- Cette classification actuellement peu utilisée, reflète
cependant bien l’idée que certaines dépressions semblent
assez liées à une ou des perturbations biologiques et/ou
génétiques encore inconnues (cas de la MMD, par exemple) :
ce sont des dépressions dites endogènes. D’autres dépressions,
souvent moins sensibles d’ailleurs à la chimiothérapie,
semblent survenir sur un trouble de la personnalité ou à
l’occasion de difficultés psychiques : ce sont les dépressions
dites psychogènes.
- Cette classification sous-tendait une dichotomie thérapeutique :
traitement antidépresseur en cas de dépression endogène,
psychothérapique en cas de dépression psychogène.
Or, on sait actuellement que ce schéma thérapeutique n’est
pas valable, que les dépressions psychogènes bénéficient
largement d’antidépresseurs et que certaines psychothérapies,
en complément de la chimiothérapie, peuvent être
utiles en cas de dépression endogène. Dans la classification
DSM IV (Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux de l’Association
psychiatrique américaine), la notion de dépression endogène
est remplacée par celle de dépression mélancolique.
Les dépressions psychogènes recouvrent le champ des dépressions
dites névrotico-réactionnelles. Le caractère endogène
ou psychogène d’un syndrome dépressif s’apprécie
sur l’existence de plusieurs critères cliniques (de valeur séméiologique
inégale) :
a) Dépressions endogènes
- Intensité du trouble de l’humeur, douleur morale, sentiment
de culpabilité.
- Ralentissement psychomoteur marqué.
- Sentiment douloureux de détachement, absence de réactivité
à l’environnement.
- Insomnie matinale (réveil angoissé vers 3 – 4 h),
majoration de la symptomatologie dépressive le matin (classique
amélioration vers 17h).
- Antécédents personnels et familiaux de dépression.
b) Dépressions psychogènes
- Importance (subjective) du contexte et du facteur déclenchant.
- Humeur fluctuante, liée à une réactivité
préservée à l’environnement.
- Ralentissement psychomoteur modéré ou absent.
- Trouble du sommeil à type de difficulté d’endormissement
ou d’hypersomnie. Tendance à la majoration de la symptomatologie
dépressive ou de l’angoisse le soir.
- Moins bonne réactivité aux thérapeutiques médicamenteuses.
Persistance fréquente d’un fond dysthymique (symptomatologie
dépressive a minima et chronique).
3. Classification du DSM IV
- Descriptive, elle distingue :
a) Les troubles bipolaires (maladie maniaco-dépressive
classique).
b) Les troubles dépressifs unipolaires
- Episode dépressif majeur qui peut avoir plusieurs qualificatifs :
- épisode isolé ou récurrent (voir encadré),
- spécification de la sévérité :
légère, moyenne, sévère avec ou sans
caractéristique psychotique (congruente ou non congruente
à l’humeur), en rémission partielle ou complète,
- avec caractéristique catatonique,
- avec caractéristique mélancolique (description classique
des dépressions endogènes),
- avec caractéristiques atypiques (prise de poids, hypersomnie,
sensation de lourdeur dans les membres, sensibilité au rejet
dans les relations…).
- Trouble dysthymique : perturbation subdépressive chronique
d’évolution supérieure à deux ans.
- Trouble dépressif non spécifié comprenant le
trouble dysphorique prémenstruel, le trouble dépressif
mineur (moins de cinq symptômes dépressifs pendant au
moins deux semaines), le trouble dépressif bref récurrent
(durée deux jours à deux semaines au moins une fois
par mois pendant douze mois), le trouble dépressif post-psychotique
de la schizophrénie.
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EPISODE DEPRESSIF MAJEUR
DEFINITION dsm iv
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- Au moins cinq des symptômes suivants doivent
avoir été présents pendant une même
période d’une durée de deux semaines et avoir représenté
un changement par rapport au fonctionnement antérieur ;
au moins un des symptômes est soit (1) une humeur dépressive,
soit (2) une perte d’intérêt ou de plaisir.
N.B. Ne pas inclure des symptômes
qui sont manifestement imputables à une affection médicale
générale, à des idées délirantes
ou à des hallucinations non congruentes à l’humeur.
- Humeur dépressive présente pratiquement
toute la journée, presque tous les jours, signalée
par le sujet (p. ex. se sent triste ou vide) ou observée
par les autres (p. ex. pleure).
N.B. Eventuellement irritabilité chez l’enfant et
l’adolescent.
- Diminution marquée de l’intérêt
ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités
pratiquement toute la journée, presque tous les jours (signalée
par le sujet ou observée par les autres).
- Perte ou gain de poids significatif en l’absence
de régime (p. ex. modification du poids corporel en un
mois excédant 5 %), ou diminution ou augmentation de l’appétit
presque tous les jours. N.B. Chez l’enfant, prendre en
compte l’absence d’augmentation de poids attendue.
- Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
- Agitation ou ralentissement psychomoteur presque
tous les jours (constaté par les autres, non limité
à un sentiment subjectif de fébrilité ou
de ralentissement intérieur).
- Fatigue ou perte d’énergie presque tous
les jours.
- Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité
excessive ou inappropriée : (qui peut être délirante)
presque tous les jours (pas seulement se faire grief ou se sentir
coupable d’être malade).
- Diminution de l’aptitude à penser ou à
se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée
par le sujet ou observée par les autres).
- Pensées de mort récurrentes (pas
seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes
sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis
pour se suicider.
- Les symptômes ne répondent pas aux
critères d’épisode mixte.
- Les symptômes induisent une souffrance
cliniquement significative ou une altération du fonctionnement
social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
- Les symptômes ne sont pas imputables aux
effets physiologiques directs d’une substance (p. ex. une substance
donnant lieu à un abus, un médicament) ou d’une
affection médicale générale (p. ex. hypothyroïdie).
- Les symptômes ne sont pas mieux expliqués
par un deuil, c’est-à-dire après la mort d’un être
cher, les symptômes persistent pendant plus de deux mois
ou s’accompagnent d’une altération marquée du fonctionnement,
de préoccupations morbides, de dévalorisation, d’idées
suicidaires, de symptômes psychotiques ou d’un ralentissement
psychomoteur.
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C – formes cliniques
1. Dépressions primaires
a) Dépressions mélancoliques (cf.
description dans question " maladie maniaco-dépressive "
MMD)
- Un épisode mélancolique ne signe pas obligatoirement
l’entrée dans la MMD mais une vigilance particulière
s’impose, ce d’autant qu’il existe des antécédents familiaux
de MMD par exemple.
b) Dépressions masquées
- La symptomatologie dépressive est masquée par des
plaintes douloureuses au premier plan. Les douleurs sont souvent des
céphalées, des lombalgies, des troubles digestifs, des
glossodynies (douleur de la langue). Elles sont souvent multiples
et variables, maximales le matin.
- Elles n’ont pas de support organique (toujours à vérifier).
- Le diagnostic repose sur la notion de rupture avec l’état
antérieur, sur la notion de troubles du caractère à
type d’irritabilité, de désintérêt, de
pessimisme et sur la notion de troubles des conduites instinctuelles
(sommeil, appétit, libido).
c) Mélancolies d’involution
- Ce sont des dépressions qui surviennent le plus souvent chez
la femme de 50 à 60 ans. Le syndrome dépressif est caractérisé
par l’angoisse, l’agitation, la fréquence de symptômes
obsessionnels, les thèmes délirants de type hypochondriaque,
de persécution ou de négation. La sensibilité
aux antidépresseurs n’est pas très bonne et une évolution
chronique est fréquente.
2. Dépressions secondaires
a) Dépressions névrotico-réactionnelles
et/ou secondaires à un trouble de la personnalité
- Les personnalités hystériques sont souvent concernées.
L’humeur est souvent plaintive avec sentiment d’abandon, d’inutilité,
de découragement. L’anxiété est souvent intense
et la patiente est en quête d’affection et de réassurance.
La symptomatologie dépressive s’accompagne d’une exacerbation
des symptômes névrotiques. Le comportement de l’entourage
et les bénéfices secondaires sont souvent source de
chronicisation. Les tentatives de suicide (avec souvent hétéro-agressivité
inconsciente) sont à redouter.
- Les personnalités obsessionnelles, plus souvent de type psychasthénique,
peuvent aussi se déprimer, mais souvent de façon plus
intense avec caractéristiques proches de la mélancolie.
- Les personnalités limites et " abandonniques "
se dépriment fréquemment, notamment quand le soutien
affectif devient défaillant (situation de rupture sentimentale,
d’abandon…).
- Les dépressions strictement réactionnelles sont plus
rares et souvent il existe un fonctionnement psychique particulier,
sans qu’il constitue cependant un réel trouble de la personnalité.
b) Dépressions secondaires à une
autre pathologie psychiatrique
- Les patients schizophrènes peuvent présenter des épisodes
dépressifs, plus particulièrement s’il s’agit d’une
forme dysthymique de schizophrénie. L’issue d’un épisode
processuel délirant est également une période
à risque suicidaire. L’hospitalisation est souhaitable pour
le traitement (risque de réactivation délirante par
les antidépresseurs, risque de suicide mal prévisible
chez le schizophrène).
- Les délires chroniques non schizophréniques peuvent
également se compliquer d’épisodes dépressifs,
particulièrement les délires paranoïaques sensitifs
de relation.
- Les alcooliques et les toxicomanes peuvent présenter des
épisodes dépressifs durant l’intoxication ou lors du
sevrage. Le risque suicidaire est très important chez ces patients
(rôle désinhibiteur facilitant le passage à l’acte
de l’alcool et de certaines drogues).
- Toutes les pathologies psychiatriques peuvent à un moment
ou l’autre de leur évolution se compliquer d’un épisode
dépressif dont la séméiologie est alors plus
difficile à décrypter, mais qu’il importe de diagnostiquer
et de traiter.
c) Dépressions secondaires organiques
- Elles peuvent compliquer l’évolution d’une maladie somatique,
le plus souvent chronique ou parfois même venir la révéler
(assez fréquent dans les maladies de Parkinson par exemple).
- Les causes les plus fréquentes sont :
- affections cérébrales (Parkinson, SEP, tumeurs,
démences…),
- affections endocriniennes (hypothyroïdie, Cushing, insuffisance
surrénalienne, diabète…),
- affections générales (cancers, lupus, autres collagénoses…).
d) Dépressions iatrogènes
Citons :
- Amphétamines.
- Anorexigènes.
- Neuroleptiques.
- Corticoïdes (à l’arrêt du traitement), indométacine.
- Clonidine, méthyldopa, bêtabloquants liposolubles.
- Chloroquine.
- Isoniazide.
- Réserpine.
- Estroprogestatifs.
3. Formes en fonction de l’âge
- Les dépressions de l’enfant ne sont pas rares, mais le diagnostic
est souvent difficile. L’enfant peut apparaître triste, mais le
plus souvent il présente essentiellement des troubles du comportement :
isolement et retrait ou au contraire agitation et turbulence (défenses
maniaques contre la dépression), troubles alimentaires (anorexie,
vomissements…), comportement régressif (réapparition d’une
énurésie), troubles de l’attention et fléchissement
scolaire… Le contexte familial est toujours très important à
prendre en compte.
- Les dépressions de l’adolescent ont fréquemment des
caractéristiques atypiques et la question d’une schizophrénie
débutante se pose souvent. Les troubles du comportement (fugues,
accidents répétitifs…) peuvent être au premier plan.
Il importe de ne pas laisser ces états se chroniciser.
- Les dépressions du sujet âgé sont souvent graves
et trop tardivement diagnostiquées (la fréquence du suicide
chez les sujets âgés le rappelle). L’humeur dépressive
peut s’accompagner d’un repli sur soi ou de manifestations agressives
pour l’entourage. Il existe une perte des intérêts et de
l’initiative.
- Il existe chez le sujet âgé des formes de dépressions
pseudo démentielles : les troubles cognitifs (attention,
concentration, mémoire) et la désorientation sont souvent
au premier plan. On retrouve la notion de rupture avec l’état
antérieur et les troubles somatiques de dépression. Ces
états sont complètement réversibles avec une chimiothérapie
antidépressive ou des sismothérapies (importance du traitement
d’épreuve).
4. Formes en fonction de l’évolution :
dépressions résistantes au traitement
- On doit les distinguer des " fausses résistances "
dans le cadre d’un traitement inapproprié ou insuffisant en posologie
ou durée. Il faut au moins quatre semaines de traitement à
dose efficace avant de conclure à l’inefficacité de l’antidépresseur.
- Ces résistances concerneraient environ 20 % des cas.
- Facteurs de résistance :
- dépression secondaire à une maladie organique,
- existence d’une détérioration, d’un état démentiel
débutant,
- perturbations biologiques modérées : syndrome
de T3 basse par exemple,
- personnalité pathologique ou structure névrotique
grave avec bénéfices secondaires importants de l’état
dépressif.
- Conduite à tenir :
- faire la liste de tous les traitements antidépresseurs
déjà pris (posologie et durée),
- changer de famille d’antidépresseurs et/ou de profil neurochimique,
- possibilité d’associer le lithium à l’antidépresseur
inefficace,
- la sismothérapie reste l’ultime recours thérapeutique.
E – PRINCIPES DU TRAITEMENT
- Il a pour but de soulager le patient de la dépression, de prévenir
le risque de suicide, d’éviter rechutes et récidives.
1. Traitement de l’accès dépressif
a) Hospitalisation
- Elle doit être systématique pour toutes les mélancolies,
si besoin avec mesure de placement médico-légal (hospitalisation
sur demande d’un tiers : HDT).
- Dans les dépressions névrotico-réactionnelles,
elle est fonction du risque suicidaire (possible HDT également).
- Elle est très souvent nécessaire chez les sujets fragiles
(patients âgés, maladie somatique grave intercurrente)
en raison du risque iatrogène.
- La prévention du risque suicidaire s’impose aussi au cours
de l’hospitalisation (secteur fermé : HDT si besoin, retrait
d’objet contondant, surveillance clinique étroite…).
b) Chimiothérapie
- Elle repose sur la prescription d’un antidépresseur et très
souvent d’un traitement anxiolytique ou neuroleptique sédatif
en début de traitement. Cette association n’est pas systématique
(RMO). Si l’importance de l’anxiété, de l’insomnie, de
l’agitation, du risque de levée d’inhibition justifie une coprescription,
celle-ci doit être brève et rapidement réévaluée
(RMO).
- L’antidépresseur (cf. question " antidépresseurs "
sera choisi en fonction de l’absence de contre-indications, de son caractère
plus ou moins sédatif, de son profil neurochimique. Si un patient
a antérieurement bien répondu à un traitement antidépresseur,
il est plus logique de lui prescrire le même. Dans les mélancolies,
on prescrit classiquement un antidépresseur tricyclique en perfusion
associé à un neuroleptique sédatif per os. Lors
d’un traitement ambulatoire d’une dépression névrotico-réactionnelle,
il faut tenir compte du risque de tentative de suicide impulsive (ce
d’autant que le patient a déjà des antécédents)
et on peut choisir en première intention un produit peu toxique
en cas d’ingestion massive (et que l’on prescrit pour une courte durée).
- Un traitement antidépresseur efficace doit être poursuivi
six mois à dose thérapeutique, puis réduit progressivement
avant l’arrêt. Il n’y a pas lieu de le poursuivre plus de six
mois après rémission complète (RMO).
- En cas de dépression sévère (mélancolie
stuporeuse ou hyperanxieuse avec risque de raptus suicidaire par exemple),
des sismothérapies sont effectuées d’emblée.
c) Psychothérapie de soutien
- Elle est essentielle et accompagne la prescription. Il faut pouvoir
encourager et rassurer le patient, progressivement gagner sa confiance.
Elle améliore l’acceptabilité du traitement, de ses effets
secondaires, de sa durée.
2. Prévention des récidives
- Elle repose sur la prescription d’un thymorégulateur en cas
de MMD (cf. question " thymorégulateurs ").
- La poursuite d’un traitement antidépresseur à petite
dose pendant plusieurs années peut être utile en cas d’accès
dépressifs récurrents ou de pathologie dépressive
chronique.
- Une psychothérapie structurée peut être envisagée
à distance de l’épisode aigu si le trouble de la personnalité
semble important. En fonction de la demande, on oriente vers une psychothérapie
de type analytique ou de type cognitivo-comportemental.
- En cas de dépression organique secondaire, il ne faut pas oublier
de traiter ou d’équilibrer la maladie sous-jacente et/ou de changer
si possible un éventuel traitement dépressogène.



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